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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/112

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THYRA, (à Lignières.)

Pourquoi êtes-vous resté le dernier ? Vous n’avez rien dit, je pense !


LIGNIÈRES.

Pour qui me prenez-vous ? Attendrai-je le coup de téléphone ?


THYRA.

Attendez !… mais rien n’est moins certain.



Scène X


LE PRINCE, THYRA


THYRA.

Désirez-vous des pailles ?…


LE PRINCE.

Ce que je désire, c’est demeurer seul auprès de vous, m’étendre à vos pieds… tenez, sur ce coussin, comme votre chien, dans cette attitude qui me sera familière plus tard… Ne vous en allez pas… Restez, ma chérie… Un coude sur vos genoux, en clignant un peu les yeux, je peux me croire encore dans les jardins de la villa d’Este, ce jour où il faisait si chaud et où l’on nous a apporté des bols de tamarin glacé… Comme vous avez l’air réfléchi, aujourd’hui, ma tendresse ! Moi, je suis stupide de bonheur… Vous voyez, tout le monde le constate, et particulièrement aujourd’hui.


THYRA.

Pourquoi particulièrement aujourd’hui ?