Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/102

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Et cette femme est telle, en dehors ou dedans
D’elle-même, qu’elle pourrait parfaitement,
Tant son regard est mâle et son fluide ardent,
Bleuir l’hortensia, rien qu’en le regardant.

(Tout le monde s’exclame : « Charmant ! charmant ! »)

LIGNIÈRES, (à Thyra, qui est restée absente et rêveuse.)

Ne regardez pas cet éphèbe, vous allez le passer au bleu comme les hortensias !…


LA COMTESSE.

Vos vers sont d’une préciosité et d’un naturel à la fois !


THYRA, (se levant, vague et souriante.)

Je suis confuse !


CORNEAU.

Mademoiselle de Marliew est la seule femme sculpteur qui ait été jolie. À part Vigée-Lebrun, toutes les femmes artistes ont été des monstres.


LIGNIÈRES, (bas, montrant Mademoiselle Foreau.)

Hum !… Hum !… Épargnez la dame à la toque de velours !…


THYRA.

Et ce n’est pas vrai. Je ne suis pas jolie.


LIGNIÈRES.

Si vous pouviez vous voir dans l’expression de votre joie, dans le rayonnement d’un bal… Au bal, vous êtes quelquefois d’un éclat unique. Vous avez l’air de flamber…


THYRA.

Comme un pudding !