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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/101

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CORNEAU.

Salomon, Monsieur, n’aurait pas pu les séparer !


LA COMTESSE.

Comme il est tout de suite intéressant, ce jeune homme, quoique tout petit ! Quel buste aussi on ferait de lui, Thyra !…


MADEMOISELLE FOREAU.

C’est ce que j’étais en train de me dire.


LA COMTESSE.

C’est à vous… vraiment… ces cheveux. Monsieur ? C’est leur couleur naturelle ?…


CORNEAU.

Mais, comtesse, vous ne voudriez pas que je les teignisse.


LA COMTESSE.

Non, en vérité, ce serait dommage ! Dites vos vers. Monsieur, dites vos vers !


LIGNIÈRES.

Nous sommes tout ouïe !


CORNEAU.


Sa tête apollinienne et chryséléphantine
A la vétuste ardeur des dieux adolescents.
Elle mêle l’orgueil à la grâce enfantine
Et son pouvoir est tel qu’il rend déliquescent
Tout ce que fixe son regard d’ange moderne.
Tout veut se faire beau. Tout a l’horreur du terne.


Méduse vivifie au lieu d’annihiler.
Le bois se sent chargé d’églantiers spontanés
Du moment qu’elle y met le printemps de ses joues.


Quand elle passe et vient les choses font la roue !
Tout veut être choisi, plus artiste et plus rare…
Le silex du chemin se sent être carrare.