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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 7, 1922.djvu/100

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LIGNIÈRES, (lui serrant la main.)

Il a tant d’esprit ! L’autre soir, au dîner, chez cette bonne Ernesta, il a été étourdissant. Mais qu’il se dépêche, car vous connaissez le proverbe… Corneau, vous mourrez jeune ! Il faut que vous mouriez jeune !


CORNEAU.

J’aimerais assez cela. Ne laisser derrière soi que des regrets !


LIGNIÈRES.

Ou des déceptions. Dépêchez-vous.


CORNEAU, (à Thyra.)

Oh ! je suis allé l’autre jour au Salon. Votre œuvre est inouïe, C’est d’une brutalité et d’une audace ! J’étais avec Nijinski… j’ai cru qu’il allait bondir… Je n’ai pas pu m’empêcher, ayant à la boutonnière un bouquet de myosotis, de le déposer comme une palme au pied de votre statue… !


LIGNIÈRES.

Vous voilà palmée !… Corneau vous a décerné les palmes !…


CORNEAU.

D’ailleurs, je me suis permis… demain ou après-demain, vous allez voir dans un journal une indiscrétion… que j’ai envoyée moi-même… quelques vers que j’ai griffonnés sur le catalogue en sortant de l’exposition.


LA COMTESSE.

Oh ! dites-nous ces vers, Monsieur, sur la prédestinée. Je vous prie !


ARTACHEFF.

Sur l’œuvre ou sur l’artiste ?