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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/73

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rible de ne plus me rappeler un jour tes traits. Enfin, c’était affreux !… Quelle douleur ! Ouf ! Je ne voudrais plus repasser par là ! Tu ne peux pas soupçonner les sept diables de jours que je viens d’endurer.


DIANE.

Et moi, Marcel, et moi ! Quand je te dirai ma semaine…


ARMAURY.

Oh ! donne-moi le coin frais de ta bouche, le petit coin où l’air passe.


DIANE.

Attends… auparavant !…

(Elle défait son gant, retrousse un peu la manche et lui donne le poignet à embrasser.)

ARMAURY.

Oui… tu as raison… bonjour à tes mains… Je les oubliais, les pauvres chéries !

(Ketty, dans le fond, range une valise.)

KETTY.

Mademoiselle, nous avons laissé le corsage de dentelle que Mademoiselle m’avait dit de prendre et puis le petit manteau de voyage…


DIANE.

Ça ne fait rien, nous nous en passerons.


ARMAURY.

Nous devons faire rougir cette malheureuse Ketty… Mais, tant pis, maintenant ! (Il va à elle.) Comment avez-vous eu le temps, la présence d’esprit même, de descendre une valise ?


DIANE.

Tu sais que Ketty est comme une petite souris dans les couloirs… Elle a escamoté ça…