Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/56

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



LE DUC.

Vous ne vous en doutez pas ?


MADAME ARMAURY.

Du tout, par exemple !… Pas plus que mon mari… je pense… car il vous a vu l’…


LE DUC, (lui coupant la parole.)

Votre mari, Madame, est le dernier des misérables !


MADAME ARMAURY.

Plaît-il ?


LE DUC.

Un être abject… un bandit !


MADAME ARMAURY.

Je ne saurais tolérer, Monsieur, ces paroles…

(Elle se lève, toute blême, sans comprendre.)

LE DUC.

Et si je ne lui casse pas la figure, c’est bien parce que je ne le peux pas…


MADAME ARMAURY.

Vous êtes fou ?


LE DUC.

… Parce qu’il nous a mis dans une situation où la vengeance n’est même pas permise.


MADAME ARMAURY, (suppliant la duchesse du regard.)

Mais c’est épouvantable !…


LE DUC.

Et si vous êtes ici, Madame, c’est justement parce que je ne suis pas certain de résister au plaisir de lui casser la figure la première fois qu’il se trouvera devant moi…