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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/261

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ADRIENNE.

Brute !… Imbécile !… Crétin !… C’est trop bête !… non, c’est trop !… Ah ! la brute !… tiens !… tiens !…



Scène V


ROSETTE, ADRIENNE


ROSETTE, (accourant du côté où est sorti M. Stearford.)

Qu’est-ce qu’il y a ? Tu deviens enragée ?…


ADRIENNE, (jetant un dernier coussin.)

Que je suis bête ! Que je suis bête !


ROSETTE.

Ça n’a pas marché, hein ?… Je viens de le voir sortir… Ma pauvre Adrienne…


ADRIENNE, (effondrée dans le canapé.)

Oh ! laisse-moi !… laisse-moi… je t’en prie !… C’est à mordre !… C’est à hurler… d’insanité ! Ah ! quel moment je viens de passer !…

(Elle met les mains sur son visage.)

ROSETTE.

Je ne te demande rien… je devine… Mais bast !… Si tu savais le peu d’importance de ces petites choses sur la conscience !


ADRIENNE.

Qu’est-ce qu’il a dû croire, ce crétin !… Moi qui étais si belle !… si propre !… si intacte !… Brrr !… Tout ce beau rêve fou de deux jours qui aboutit à ça… à cette proposition louche de fille qu’on refuse dans un couloir !