Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/256

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




Scène IV


ADRIENNE, L’ANGLAIS



(L’Anglais arrange les cartes sur la table. De temps à autre, il relève la tête et sourit. Il a le veston bleu… et des brodequins vernis. Adrienne pousse un gros soupir. Il tient la tête baissée sur les cartes. Adrienne le regarde dans un soupir.)

ADRIENNE.

Allons, c’est le moment !… Voici la cause… la cause… ô mon âme !… (L’Anglais lui tend le jeu.) Non, non, faites la réussite vous-même… Oui… moi, je fais un souhait… un souhait…


L’ANGLAIS, (répétant.)

Souhait ? Oh ! oui… oui…

(Il rit d’une façon disproportionnée.)

ADRIENNE, (à elle-même, tapant la table du bout des doigts.)

Il n’y a pas, il faut que je lui dise… Nous ne retrouverons peut-être jamais cette occasion d’être ensemble. Comment vais-je m’y prendre, mon Dieu ? J’ai la tête qui tourne et le cœur qui saute.


L’ANGLAIS, (lui tendant aimablement les cartes et se mettant lentement à édifier sa réussite.)

Coupa…


ADRIENNE.

Non, pas coupa… Coupez… pez…


L’ANGLAIS, (éclatant de rire.)

Oh ! oui !… oui !… coupez !… pez !…


ADRIENNE, (dans les dents.)

Il n’y a pas de quoi rire, va !… Sa main qui