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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/242

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LE MARI.

Je les raterai toutes.


ROSETTE, (bas.)

Ne fais pas ça !


ADRIENNE.

Quoi ça ?


LE MARI.

L’as à la fin… ça y est, encore ratée ! Nous voilà à Lucerne pour huit jours.


ADRIENNE.

C’est ce que tu demandais à la réussite ?


LE MARI.

Parfaitement, je demandais si nous allions nous évader de cet hôtel, de cette purée de rastas, de cette pluie mortelle, avant la fin de la semaine… Bernique ! Heureusement, je ne suis pas superstitieux ! Veux-tu parier que je fais mentir les destinées et que nous serons en route d’ici deux jours ?


ADRIENNE.

Pourquoi, mon ami ? Personnellement, je ne m’ennuie pas ; j’aime la pluie régulière, la vie d’hôtel cosmopolite que je ne connaissais pas. Nous vivons trop confinés et trop bourgeois à Paris ; nous voyageons trop peu et ce que je vois ici m’amuse, même l’ennui !


LE MARI.

Tu n’as pas envie de descendre au moins vers une station du Midi ? Tu ne voudrais pas enfin revoir le gros blond ?