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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/236

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Je suis l’homme stupide qui entend des voix !
Vous m’avez appelé… j’ai obéi… Pardon
de vous avoir troublée… oh ! si peu que ce soit…
J’aurais dû fuir… je suis venu…


ELLE.


J’aurais dû fuir… je suis venu…Mais partez donc !
Vous ne devinez pas le mal que vous me faites.
Quel mal ! Partez, Monsieur !

(Affalée, elle livre à son mouchoir des larmes de rage et de confusion.)

L’OMBRE, (avec la grande énigme du sourire.)


Quel mal ! Partez, Monsieur !C’est un congé.


LUI, (s’approchant d’elle et voulant commencer une phrase sentie.)


La vie…


L’OMBRE, (l’interrompt.)


La vie…N’insiste pas… Pourquoi ? Tu vas gâcher
ta sortie… Allons… viens… ton chapeau…

(Il retourne vers elle. Elle est illuminée, et elle a repris des fleurs dans ses bras.)


ta sortie… Allons… viens… ton chapeau…Je suis prête
Laisse là cette femme en pleurs, sois sans pitié
Demain, la nuit les aura réconciliés !…


LUI.


Adieu. Oubliez-moi.


ELLE.


Adieu. Oubliez-moi.Adieu…


L’OMBRE, (l’attirant doucement vers la porte, de ses mains tendues.)


Adieu. Oubliez-moi. Adieu…Moi je te reste.
Compte sur moi, je ne te ferai pas défaut !