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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/196

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Les formes qu’on avait peu à peu dépassées
Envoyer leur grande ombre au loin, sur les allées,
Sur tout votre avenir, plaines, taillis, campagnes !
Et s’en aller toucher de l’aile les montagnes…


Ainsi, tout ce qui fut, jeunesse, enfance, amour,
Tout danse devant moi sa danse heureuse ou triste.
Rien derrière !… Le groupe est là qui vole et court.
Mais j’ai beau me hâter, la distance persiste
Entre nous deux… Tel je m’en vais, épris du bleu
Lointain, et quelquefois si je titube un peu
Ce n’est pas que le sol sous mes pas se dérobe,
C’est que, parmi le soir, les yeux pleins de passé,
Ô toi qui vas devant, Souvenir cadencé,
J’ai marché sur la traîne immense de ta robe !


H. B.