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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/169

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verveine, cette espèce de parfum de verveine qui doit être le sien, qui a rempli toute la pièce…


ARMAURY, (résolument et comme agacé.)

C’est pourtant au nom de ce seul sentiment-là, Fanny, que je te demande, et pour toi-même, de réintégrer ta chambre… c’est un sentiment de profonde décence…


FANNY.

Ah ! la décence ! qu’est-ce que tu dis là !… Tiens, pose le verre…


ARMAURY.

Tu as sommeil, tu es fatiguée…


FANNY.

Mais oui, mais oui, je m’en vais… Ai-je ta promesse formelle que tu ne sortiras pas d’ici, avant demain midi ?


ARMAURY.

J’ai peur de promettre une lâcheté…


FANNY.

Je t’en prie ! laissons les définitions de mots… promets… (Geste de Marcel.) Je ne demande pas autre chose…


ARMAURY.

C’est fait !


FANNY, (se levant.)

Bien ! Je te tiendrai au courant de la suite, soit par une lettre, soit par une dernière demande d’entrevue…


ARMAURY.

Parfaitement. Reste dans ta chambre, Fanny, dors tranquille…


FANNY, (qui, d’un pas lent, se retire.)

Dormir !… (Elle entr’ouvre la porte et la referme