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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/156

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si on nous traque, que ce soit dans cette chambre, ou que ce soit ailleurs !… On est très bien, dans cet hôtel ; il y a une tapisserie bleue, il y a toi, il y a moi… Que cela dure encore un bout de temps… c’est tout ce que je demande.


ARMAURY.

Oh ! Dianette, je n’aime pas ce genre de phrases… Et puis, tu les dis avec un petit sourire triste…


DIANE.

Moi ! allons donc !… Tu te contredis… Marcel, regarde-moi bien dans les yeux. Je ne suis pas triste, je suis heureuse, je suis contente, je suis radieuse ; jamais tu ne verras la plus petite larme dans mes yeux ; il n’y a que de la reconnaissance infinie pour tout ce que tu fais, et du grand bonheur très doux… Mais que veux-tu, cela n’empêche pas de constater en souriant que rien ne va, et je n’en suis pas plus triste pour ça… Ce n’est pas moi qui suis triste, c’est toi, je te ferai remarquer.


ARMAURY.

Tiens, tu me fais hausser les épaules ! Je suis si confiant, au fond, dans notre avenir. La mise est sûre.


DIANE.

Alors, pourquoi cette belle moue et ces quatre plis sur le front ?


ARMAURY.

Aucun rapport… Je suis furieux, oui, mais pour quelque chose de bien plus grave… Je suis furieux, parce que le portier, hier, m’a pris pour ton père.