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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/150

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ne vous permets pas de porter sur ma famille les jugements que…


FANNY.

Votre famille !… Plût à Dieu que je ne l’eusse jamais rencontrée… Nous serions heureux, à cette heure !… Votre famille exécrée !…


DE CHARANCE.

La colère vous emporte, vous ne savez plus ce que vous dites… Je pensais, Madame, que nous étions venus en amis tous les trois.


FANNY.

Ça aussi ! Parlons-en de cette jolie amitié !… J’ai encore votre ton insultant dans l’oreille quand vous m’avez annoncé avec cette brutalité mon désastre, qui valait bien le vôtre… Jusque dans le voyage, vous m’avez humiliée, vous avez fait saigner mon cœur et mon orgueil. Et maintenant que mon bonheur est ruiné, vous voulez vous acharner dessus…


DE CHARANCE.

Viens, Gaston, nous n’avons plus rien à faire ici…


GASTON.

Oui, père. Je sais ce qu’il me reste à faire…


FANNY.

Eh bien, partez… Allez, toute la famille !… Allez donc !… Mais n’ayez pas le malheur, vous, mon garçon, entendez-vous, n’ayez pas le malheur de toucher à un seul de ses cheveux, ou c’est à moi que vous aurez affaire…


GASTON.

Je ne dépends que de moi-même.