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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/133

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ARMAURY, (inquiet.)

Que voulez-vous dire ? À qui faites-vous allusion ?


L’ABBÉ, (ouvrant la porte de droite.)

À la personne qui est au fond de ce corridor et qui n’attend qu’un signe de moi pour entrer… Je vous salue… (Il fait un geste et demeure sur le seuil quelques secondes. Puis il laisse passer Madame Armaury.) Entrez, Madame !… Je vous souhaite plus de bonheur.

(Il sort.)


Scène V


ARMAURY, FANNY


FANNY.

Bonjour, Marcel.


ARMAURY.

Toi aussi !… Te voilà donc, ma pauvre Fanny…


FANNY, (qui s’appuie.)

Je croyais que j’aurais eu plus de courage en te revoyant, mais malgré tout… c’est une si grande émotion…


ARMAURY.

Oui, une grande émotion pour moi aussi. (Ils restent ainsi sans pouvoir plus rien se dire, la gorge contractée, ni près, ni loin l’un de l’autre.) Alors, puisqu’on ne se tend même pas la main… mets-toi là… assieds-toi.

(Il lui indique doucement la borne du milieu. Elle s’assied. Silence.)

FANNY.

Tu ne m’attendais pas… tu ne croyais pas que j’en étais… et tu te dis, sans doute : « Où cela