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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/123

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ARMAURY.

C’est bien. Je suis à vous. (Serrant la main au secrétaire et parlant bas avec un certain sourire.) Au revoir, mon cher ami ; je tenais à ce que vous fussiez là lorsque cette porte s’ouvrirait, à ce qu’il y eût un témoin. Maintenant, je suppose que vous voilà rassuré. À tout à l’heure !…

(Le secrétaire sort. Armaury reste seul avec l’abbé.)


Scène III


L’ABBÉ, ARMAURY


ARMAURY.

Vous êtes, Monsieur l’abbé, le dernier homme que j’aurais pensé rencontrer ici… Mais, soit !… puisqu’on vous envoie, je vous écoute…


L’ABBÉ.

Oui, Monsieur, ma présence doit vous sembler étrange ; elle ne l’est pas ! Je dois être avant tout l’intercesseur. J’accomplis mon devoir envers une famille à laquelle je suis si profondément attaché ! Vous avez, hier, refusé d’écouter la voix de la force et du sang… vous avez bien fait ; c’est mon avis de prêtre ; c’est un avis qui a prévalu, d’ailleurs, je m’empresse de vous le dire, à l’heure actuelle, dans cette famille désolée dont je suis en ce moment l’interprète… Ne voyez pas, en moi, le prêtre. Mon habit n’emprunte ici aucune signification particulière ; ne voyez en moi que l’ami, l’ami le plus dévoué, le plus indépendant, le plus calme aussi, que les Charance aient pu choisir dans leur entourage…


ARMAURY.

Une question, Monsieur l’abbé. Comment êtes-vous