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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/121

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à commettre ! J’ai donc refusé de me battre, et j’en ai donné loyalement la raison. Maintenant, on me demande un rendez-vous, on exige de moi une explication ! Mon premier mouvement était de la refuser aussi ; le second, le bon, a été de l’accepter… À fuir toujours, devant tout, je passerais à juste droit pour vil.


LE SECRÉTAIRE.

Mais, les termes de la lettre qu’on vous a remise sont si vagues, si ambigus que vous ne savez même pas qui va se présenter à vous. Je trouve cela d’une témérité folle !… J’ignorais qu’on fût venu ici vous provoquer !… Si je l’avais su, je vous aurais dissuadé d’accepter ce rendez-vous soi-disant pacifique. Je ne crois pas à un guet-apens, certes, mais qui allez-vous trouver devant vous ?


ARMAURY.

Mon ami, toutes les hypothèses sont possibles… Le frère, le père, les deux ensemble… un des témoins peut-être ! Je les ai toutes envisagées, ces hypothèses, toutes, même les plus dangereuses.


LE SECRÉTAIRE.

Mon cher maître, il faut prévoir…


ARMAURY.

C’est mon avis, et c’est pourquoi j’ai deux lettres à vous remettre…


LE SECRÉTAIRE.

Comment cela ?


ARMAURY.

Les voici, et ne discutez plus… Je m’empresse de vous dire que je ne crois pas le moins du monde à une explication dramatique ; quel que soit mon