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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/106

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le petit bleu.) Enfin, n’importe, déchirons cette ordure.


FANNY.

Volontiers ! À condition toutefois que vous en mettiez les morceaux dans votre poche, car je ne sais pas si mon mari serait autrement satisfait de connaître la raison de votre visite. Il le prendrait moins gaiement que moi.

(Elle rit.)

GASTON.

Vous pensez bien que ni Monsieur Armaury, ni mon père, ni qui que ce soit autre que vous, n’en aura connu l’existence.

(Il déchire la lettre et la met en morceaux dans la poche de son pardessus.)

FANNY.

Comment allez-vous expliquer votre visite à mon mari, si vous le voyez ?


GASTON, (très haut.)

Elle n’avait d’autre but que de l’inviter à aller chasser chez les de Ligne, à Rambouillet, dimanche prochain. L’invitation est faite, je me sauve.

(Elle va le laisser partir, puis se ravise.)

FANNY.

Mais non, mais non… Je désire que vous serriez la main à Marcel. Il en sera enchanté… (Elle va à la porte de droite et l’entr’ouvre à nouveau.) Marcel, as-tu fini ! Monsieur de Charance est là… Charance !… (Elle se retourne en souriant vers Gaston.) Le voici ?


ARMAURY, (entrant et simulant le plus vif étonnement.)

Tiens ?… bonjour, Gaston. Je croyais que c’était votre père.