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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 6, 1922.djvu/102

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vous le dirais très franchement… Et puis, voilà… j’ai fini. (Elle quitte la table et s’approche.) Il va bientôt falloir, du reste, que nous nous en allions tous… Nous avons organisé un thé… au Ritz… Il est indispensable que nous y soyons à cinq heures !… Ah et puis, nous serons encore obligés de dîner en toute hâte, ce qui est insupportable… J’ai horreur de ça… parce que nous allons à la répétition générale de l’Opéra…


GASTON.

Ah ! tiens, je ne me rappelais plus… c’est ce soir… J’ai, moi-même, un vague strapontin.


FANNY.

Eh bien, nous nous retrouverons tout à l’heure encore.


GASTON.

Vraiment, vous allez au Ritz ?


FANNY.

Pourquoi ? Il ne faudrait pas ? C’est mal ?…


GASTON.

Vous avez passé la journée avec Monsieur Armaury ?


FANNY.

Pourquoi tout cet étonnement ? Puisque je vous le dis ?


GASTON, (après une dernière hésitation, prenant brusquement son parti.)

Écoutez, c’est stupide… c’est idiot, mais avec vous, je puis user de franchise… Je suis la victime d’une plaisanterie de la dernière catégorie. Je n’éprouve aucune gêne à vous mettre au courant et vous en rirez comme il faut en rire.