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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/99

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terriblement mal ! (Entre un domestique avec une lettre sur un plateau.) Qu’est-ce que c’est ?


LE DOMESTIQUE.

C’est un chauffeur qui a dit de remettre cette lettre tout de suite à monsieur.


BERNIER, (décachetant la lettre.)

Pan ! en voilà d’une autre ! La princesse qui arrive !… (À Tabourot qui le guettait.) Tabourot ! La princesse !… Et il n’y a que des mufles !


TABOUROT.

Merci !


BERNIER.

Je ne dis pas ça pour toi !… Mais si j’avais su qu’elle viendrait… sans être invitée, j’aurais prévenu quelques personnes de marque. Qu’est-ce qu’elle va dire de toute cette garniture ? Madame Garzin, la mulâtresse !


TABOUROT.

Qu’est-ce que peut bien te faire ce qu’elle dira ? Faut prévenir Lolette.


BERNIER, (le retenant.)

Non, ne préviens pas Lolette, surtout. J’ai toujours tenu Loulou un peu éloignée de la princesse… Oui, je ne t’ai jamais dit ?… du temps qu’elle posait, elle a donné deux ou trois séances à la princesse dans son atelier du faubourg Saint-Honoré… La princesse peignait déjà… car tu sais qu’elle peint ?… Oh ! petit souvenir sans importance, mon Dieu !… seulement, ce soir, je sens bien qu’elle fait exprès de tomber à pic dans la mare à grenouilles. (Furieux.) C’est cette mulâtresse que j’ai sur le coeur !