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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/97

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qui ne s’adaptent pas. Tandis que lui, regardez ce qu’il est devenu… le peintre mondain… robuste et sain… le beau garçon aux pectoraux bombés sous le gilet en peau de chamois… tel qu’on le peint dans les magazines et tel que le rêvent les dames des Cours étrangères.

(Garzin s’éloigne un peu.)

ROLSINI, (à Gréville.)

La gaffe… vous bêchez les modèles à cent sous épousés, devant le père Garzin qui, lui, a épousé sa cuisinière.


GRÉVILLE.

Ah ! diable !… c’est vrai !… On oublie toujours ces choses-là !


ROLSINI.

Regardez-la, la mère Garzin… Est-elle assez ancienne bonne à tout faire !… Les voilà les vraies femmes de peintre… les éternelles !

(Mesdames Garzin et Moulzi redescendent lentement l’escalier en causant. On entend ceci :)

MADAME GARZIN.

Moi, je fais venir le beurre d’une ferme normande… un franc soixante-quinze la livre. Il est exquis.

(Elle prononce esquis. Elles passent et entrent, en causant, dans l’atelier.)

GRÉVILLE, (un cigare aux dents.)

Un franc soixante-quinze, c’est pour rien. Est-ce qu’il y a une allumette au milieu de tout ce fourbi modern-style ?