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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/84

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comme une chiffe parfumée… Et ce jour-là on verra… on verra !

(Ils s’embrassent, dans l’exaltation et l’ivresse douloureuse du triomphe. Au loin.)

UNE VOIX.

On ferme… on ferme !…


LOLETTE.

Tiens ! déjà !


BERNIER.

Hé, oui, on a voté tard…


LOLETTE.

Et les amis qui t’attendent chez Ledoyen !


BERNIER.

Qu’importe ce cliquetis, maintenant ! Ce soir, tout est à l’amour. Par ce beau crépuscule de fête nous irons à pied, tous deux, jusqu’au boulevard, le pardessus sur le bras… On flânera, on regardera mon nom dans les journaux du soir… et puis on prendra le train pour aller dîner loin… comme des amoureux… loin, très loin… à Saint-Germain… veux-tu ?


LOLETTE.

Si je veux !… Donne ta main que je l’embrasse. (Elle lui baise la main brusquement.) Ma vie.

(Le crépuscule tombe, roux, dans les grands vélums du palais vide.)

VOIX D’UN GARDIEN, (au loin.)

On ferme !


BERNIER.

Allons, ouste alors… Il est temps !