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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/78

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LOLETTE.

Pour moi, ce sera beaucoup plus… quand j’y pense !…


BERNIER.

Moi, c’est parce que je sens que ça te fait plaisir… Je n’attache aucune importance à ces formalités-là ! L’important, quoi ? c’est qu’on s’aime.


LOLETTE.

Oui… mais être mariés… C’est que tu ne sais pas, mon Pierre, comme je t’aime ! Non ! tu ne le sais pas… Et ce sera si doux de penser qu’on vivra ensemble… qu’on vieillira aussi ensemble ! Ah ! tout ce que je voudrais t’apporter et que je ne t’apporte pas. Tiens, j’ai un gros chagrin de penser que j’ai un passé… que je ne serai pas une femme nette… comme tu le méritais.


BERNIER.

Bah ! ce n’est pas ta faute, n’est-ce pas ?… En voilà des idées !… La vie est la vie !


LOLETTE.

Je voudrais ne pas te connaître et te rencontrer aujourd’hui pour la première fois !… Comme ce serait beau… imagine !


BERNIER.

Pas sûr que ce serait mieux que notre première fois à nous… quand tu es arrivée dans mon atelier comme une petite chose rigolote et toute rose… avec un bas à la jambe droite et une chaussette à la jambe gauche… une chaussette. Loulou… réfléchis ?