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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/63

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je viens, comme un imbécile que je suis, et que tentera toujours le jeu jusqu’à sa mort, vous proposer d’acheter le tableau cinq minutes avant le verdict, au prix fort avec un traité pour deux prochains tableaux, le tout pour quarante mille francs… Ça m’amuse de me tromper.


LOLETTE, (bas à Chaillard.)

Miséricorde divine !


BERNIER.

Jamais de la vie, par exemple. Je refuse net.


LOLETTE.

Hein ?… Il est fou !


BERNIER.

Vous êtes un malin, cher monsieur Amheim… et non pas un imbécile. Jamais je ne traiterai à ce prix-là… J’ai différentes propositions dont une de la Compagnie Tyler, de New-Yoek… Ils m’ont câblé une offre de vingt-cinq mille francs pour ma Femme nue. Je ne savais pas si je devais accepter. Votre offre me décide.


LOLETTE, (bas)

Il n’y a pas un mot de vrai !


ARNHEIM.

C’est à prendre ou à laisser. Je ne peux pas dépasser.


BERNIER.

Voyons… voyons… J’ai l’habitude de la vente… Me voyez-vous abattant deux toiles, après la médaille, pour ce prix ridicule ?… Mais, cher monsieur, c’est de quoi payer mes cigarettes !…