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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/47

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SELLIER.

Oh ! là là ! Donne-moi-z’en… donne-moi-z’en toujours.


SABATIER.

Et un plateau de limonade pour le comité.


SELLIER, (appelant.)

Un bock…


GRÉVILLE.

Et deux par ici !…


UN AUTRE.

Trois !…


SELLIER, (reprenant.)

Ce Bernier… n’avoir pas même pu appeler sa toile « Vénus », ou « Danaé », ou « Suzanne » ! Appeler ça : « Femme nue ! » Vrai, il ne s’est pas donné une méningite, celui-là ! Parlez-moi de Certin… Au moins, ce n’est pas un modèle qu’il a pignoché. C’est une vierge… et une vraie…


GRÉVILLE.

Qu’en sais-tu, abruti ? Qui, qu’est-ce qui te dit qu’elle est vierge ? Est-ce parce qu’elle a mis une couronne de papier peint sur la tête ? Ça ne s’exprime pas en peinture, la chasteté.


SELLIER.

Espèce de gourde… Et les vierges des anciens, elles ne le sont pas, peut-être, chastes ?


GRÉVILLE.

Elles sont ce qu’elles veulent… J’en sais rien… Leur vie privée ne me regarde pas. C’est des modèles bien touchés, un peu mieux que la pouffiasse à Bernier. Voilà toute la différence…