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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/404

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FÉRIOUL.

Pour rien.

(Il se lève.)

CHARLOTTE.

Regarde-moi, Maurice. (Il la regarde. Il a les yeux pleins de larmes.) Maurice ! Maurice !…


FÉRIOUL.

Quoi ?

(Leurs yeux se rencontrent, se fixent. Une seconde d’affreuse angoisse et d’interrogation. Charlotte murmure : « Qu’est-ce qu’il y a ? Quoi ?… » Il ne répond pas.)

CHARLOTTE, (faiblement.)

Maurice, tu sais… (Férioul ne répond pas. Il regarde à terre, puis tout à coup ses yeux se portent sur ceux de sa femme. Charlotte s’aperçoit qu’ils sont pleins de larmes.) Tu sais tout, n’est-ce pas ? (Férioul reste toujours bouche close, fixant sa femme. Elle pousse un cri et tombe à ses pieds en hurlant.) Tue-moi ! Tue-moi ! Que ce soit fini ! Tue-moi, je t’en supplie, je veux mourir.


FÉRIOUL.

Misérable ! Misérable femme !


CHARLOTTE.

J’en ai assez… Tout ce que j’ai fait pour aboutir à ça !… Ah ! non… qu’on m’achève… Enlevez-moi mes enfants… jetez-moi à la porte ! Maurice, délivre-moi de la vie… enlève-moi ce fardeau… ce poids… Oh ! oh !

(Elle gémit, s’accroche à lui.)