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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/395

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JEANNETIER.

Oh ! non, pas maintenant. Voyons, tu es fou, nous n’avons pas le temps… Ce soir, je te donnerai tous les détails (Il lui serre fortement la main.) Maintenant, ne te coupe pas quand elle va arriver… Je suis censé, naturellement, ne pas avoir quitté Grasse, ne pas l’avoir vue depuis son départ, et je me trouve là aujourd’hui par le plus grand des hasards, n’est-ce pas ?


FÉRIOUL.

Bien entendu !… J’ignore que tu l’as rejointe à Paris et tu arrives à l’instant de chez toi pour la fête des enfants…

(Le soir tombe sur l’Esterel bleu au loin. Madame Férioul, tristement, va au mur et donne la lumière dans la pièce.)

JEANNETIER.

Vous allez la voir !… C’est un triste spectacle… vous allez la voir morte de peur et d’anxiété, ne comptant que sur cette chimère folle : l’ignorance des siens. Qu’allez-vous faire ? Tu n’as pas changé, je suppose bien, tes dispositions ? Ce serait épouvantable !


FÉRIOUL.

Non ! Elle me retrouvera ici avec ma mère, comme si rien ne s’était passé… Nous ignorons tout, n’est-ce pas, ma mère ? Nous sommes aveugles.


MADAME FÉRIOUL MÈRE.

Oui, monsieur Jeannetier, ce sera ainsi…