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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/392

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par ordre de l’administration, c’est à crever de rire… Mon cher préfet, je n’ai d’ordre ni de conseil à recevoir de personne, et je ne permets pas qu’en ma présence on manque d’égards à mon foyer et à ma femme.


LE PRÉFET.

Vous dites ?… Il me semble qu’à votre tour…


FÉRIOUL.

Rompons, monsieur le préfet. Mes décisions ne relèveront jamais que de ma conscience. Je place ma liberté morale plus haut que les intérêts de parti. Si j’offusque la République, qu’elle aille se faire pendre ailleurs que chez moi… Monsieur le préfet, veuillez me rayer de la liste des candidats… Oui, effacez ma candidature… Je donne aussi ma démission de conseiller général… et aussi de maire… Ma vie politique se termine ici. Je serai désormais celui qui s’en fiche… dans ses sabots. Bien le bonsoir !


LE PRÉFET.

Vous avez bien réfléchi ?


FÉRIOUL.

Trop !


LE PRÉFET.

Soit. Brisons là… Vous me créez une situation administrative terrible, mais je n’ai pas le choix entre deux périls et je m’en tirerai : aussi bien cette conversation a assez duré, à mon gré.

(Férioul ouvre la porte du fond)