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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/390

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Il se trouverait atteint par le scandale qui pourrait éclabousser un de ses membres.


FÉRIOUL.

Mon cher préfet, cette conversation commence à m’échauffer les oreilles.


LE PRÉFET.

C’est possible, mais c’est mon devoir administratif de parler ainsi. Je ne me mêle pas une seconde, je vous prie de le croire, de votre intérieur et je ne me permets pas d’incriminer en rien votre honneur personnel. Je parle au nom des intérêts mêmes de la République.


FÉRIOUL.

Si vous saviez, depuis quelques heures, ce que je me fous de la République.


LE PRÉFET.

Démentez ou étouffez ; autrement je ne peux plus vous soutenir.


FÉRIOUL.

Et si je refuse ?


LE PRÉFET.

Voyons, Férioul, ce n’est pas la première fois qu’on se trouve en présence d’une circonstance pareille. Les éphémérides des départements regorgent d’histoires analogues. Hélas ! mon cher, ce sont les accidents particuliers de notre vie. On s’arrange. Rappelez-vous l’affaire de la petite sous-préfète de Sisteron… On s’arrange pour éviter une campagne.