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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/382

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MADAME AUGER.

Ça me fait de l’émotion de vous revoir…


FÉRIOUL.

Pourquoi, mon enfant… C’est si loin, tout ça… si loin…


MADAME AUGER.

Bien sûr, seulement on ne peut pas s’empêcher, n’est-ce pas ? Ça me fait de l’émotion tout de même. Je n’étais jamais venue chez vous…


FÉRIOUL.

Vous êtes contente de votre mari ? Vous êtes heureuse ?


MADAME AUGER.

Oh ! oui, grâce à vous, monsieur Férioul. La vie passe. J’emploie mes journées à étuver les abricots et à chasser les mouches de la boutique…


FÉRIOUL.

Eh !… mais… c’est déjà très bien tout ça…


MADAME AUGER.

Monsieur Férioul, aujourd’hui, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce jour d’autrefois où vous m’avez trouvée en train de pleurer dans le champ de la Combebleue, là, au bas de la côte et où vous m’avez dit : « Qu’est-ce que vous faites là ? Vous avez l’air d’un petit fifi fenouillet », vous vous rappelez ? les petits oiseaux qu’on voit seuls dans les haies… Quelques heures avant, je voulais