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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/375

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FÉRIOUL.

Moi, je préfère la seconde : ignorer.


MADAME FÉRIOUL MÈRE.

C’est peut-être plus sage, en effet.


FÉRIOUL.

Ma mère, croyez-moi, il faut ignorer tout, tant que l’attitude sera possible à garder. Il n’y a pas à hésiter. C’est nécessaire pour les enfants, avant tout, pour nous aussi. Oh ! je sais que c’est vous demander une force incommensurable, mais il faut avoir le bénéfice de mon énergie de l’autre jour, et, puisqu’elle a pu arriver à tout nous cacher pendant des mois, que ce résultat-là ne soit pas au moins perdu. Enfouissons entre nous la chose innommable. Il faut en avoir l’énergie.


MADAME FÉRIOUL MÈRE.

Mais combien de temps, malheureux enfant, si ce scandale éclate comme il est en train d’éclater de toutes parts ?…


FÉRIOUL.

Tant que nous pourrons. Quand la chose sera inévitable, pas d’hésitation ! Vous savez ce que je suis résolu à faire et je le ferai. Le châtiment que je n’ai pas eu la force d’exécuter l’autre jour, quand j’ai tremblé devant ses yeux de détresse, d’épouvante, ce châtiment-là, ce sera son heure ; l’autre jour, il était trop improvisé, trop subit. La révélation et le châtiment, c’était trop à la fois.