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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/349

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PARIZOT, (en proie à un tremblement.)

Je ne sais pas… Je ne crois pas… Peut-être une correspondance…


FÉRIOUL.

Bon, j’ai compris, il y a un amant… C’est un point… Oui ?… Oui ?… Répondez… Par oui et par non. Un signe de tête… Quelqu’un du pays ?… Quelqu’un de la ville ?… Une question avant tout : la chose est-elle publique. Enfin, est-elle au moins ébruitée ? Dites ? L’honneur est atteint ?…


PARIZOT.

Oh ! monsieur Férioul… Il n’y a rien… Mais, s’il y avait quelque chose, il est bien certain qu’il se serait agi au plus d’une imprudence secrète, tout le monde serait à cent lieues de s’en douter… comme vous…


FÉRIOUL.

La souffrance personnelle, j’en fais le sacrifice… Tant pis pour notre guenille, si elle crie ! J’irai à la douleur, à la grande douleur morale, comme j’irai plus tard à la mort, sans lâcheté. La douleur qui ne retombe que sur moi, je peux lui dire, sans forfanterie : sois la bienvenue. Mais il y a une chose qui est au-dessus de nous, dont je ne ferai jamais le sacrifice, c’est l’honneur ; l’honneur de ma vie, de mes petits, ça c’est sacré. Tant mieux, tant mieux, Parizot, si les circonstances ont voulu que ça reste sain et sauf. J’étais trop heureux ! Parizot, voyez-vous, je suis d’attaque, allez-y. Quelqu’un de nos relations ? d’ici ? de Paris ?