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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/347

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que ce soit, et vous ne communiquerez pas pour une raison bien simple, c’est que je vous coffre, oui, oui, moi !… Vous allez rester à mes côtés tout le temps, tout le temps… J’ai besoin de vos services. Pas de communication possible, mon bon ! Vous parlerez ou vous ne parlerez pas, mais, ce que vous cachez si bien, je suis à la veille de le savoir, moi, et voici comment. Maintenant que j’ai abattu mon jeu… il faut que j’aille jusqu’au bout… Je n’ai aucun scrupule à vous mettre au courant et pour cause… Ma femme a reçu un télégramme de sa mère, vous le savez, n’est-ce pas ? l’appelant à Paris. Elle prend le train à quatre heures ou à dix heures. Or, elle va à Paris, mais elle n’y rencontrera pas sa mère, celle-ci se trouve justement à Angers, chez une de ses tantes. J’ai téléphoné à Paris, je suis au courant. Madame Férioul va donc rejoindre un amant. J’ai cent moyens de la faire suivre. Il est donc inutile de vous dire que je saurai heure par heure ce qu’elle va faire à Paris, et ce qu’elle y aura fait demain… D’ici là, vous ne communiquerez pas avec elle…


PARIZOT.

C’est une séquestration…


FÉRIOUL.

J’allais le dire. Vous avez trahi ma confiance, à moi, votre bienfaiteur, vous avez aidé ma femme à me tromper, vous êtes un pur et simple misérable, entendez-vous ? Une dernière fois, écoutez ceci : vous avez le choix, et c’est mon dilemme absolu. Je prends encore l’engagement — et je les