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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/334

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en moi qu’une peur, une angoisse insurmontable… traquée comme je le suis… mes enfants… mon mari, tout ce que j’aime… qu’ils ne sachent rien, que rien n’arrive jusqu’à eux… Je défendrai jusqu’au bout tout ce qui reste d’une vie écroulée. À part cela, advienne que pourra ! (Elle se rassied en face de Parizot.) Parizot, sur l’affaire en elle-même, sur le cours qu’elle va suivre, avez-vous des renseignements plus précis ?


PARIZOT.

Oui, madame, je crois avoir parfaitement compris ; et c’est simple comme bonjour. Ça se résume en deux mots : Herschenn, le bijoutier, a porté plainte contre Monsieur Artanezzo en escroquerie de quinze mille francs… quinze mille francs consentis en prêts successifs ; il prétend que tous ont été faits en votre nom. Monsieur Artanezzo, je dois le dire, paraît s’être parfaitement conduit à votre égard ; durant toute l’instruction, il ne s’est pas une seconde départi de sa ligne de conduite. Il prétend, lui, s’être servi frauduleusement de votre nom sans y avoir été autorisé, sans même vous connaître autrement que comme voisin d’hôtel ; il reconnaît donc l’escroquerie.


CHARLOTTE.

Vous êtes sûr de ça ?


PARIZOT.

Oui, complètement.