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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/321

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ARTANEZZO.

Oui, oui, c’est vrai, entraîné par la première garantie de la bague, j’avais contracté différents emprunts, comme si c’était vous qui les continuiez, c’est possible, mais lui, Herschenn, savait bien que je mentais, la canaille… Il guettait le coup, il l’avait organisé, il l’attendait… Ah ! quand j’ai su qu’il avait osé vous écrire, vous menacer, j’ai envoyé tout promener, même la prudence ! Nous nous sommes empoignés dans la rue, je l’ai tenu par le collet, je lui ai mis le genou sur l’estomac… Ah ! le gredin ! Il me poursuivra maintenant, j’en suis sûr, ça m’est égal ! Et voilà pourquoi, enfin, je suis ici, comprenez-vous maintenant ?… J’ai couru au train, il me fallait vous voir, crier cela… J’ai été indélicat, vil, tout ce que vous voudrez… mais la pensée que vous pourriez croire que je suis un complice de traquenard et que vous alliez vous affoler, croire que votre nom serait mêlé à cette histoire… traîné dans la boue avec votre famille… Non, non, vous qui êtes le meilleur souvenir de ma vie, ma tache claire, vous ne serez pas salie. Je vous le jure, quoi qu’il arrive par la suite, votre nom ne sera mêlé à aucune histoire, je m’y engage ! Je vous supplie de me croire… Je sens que vous me jugez si vil… que j’éprouve le besoin d’être cru de vous… Ce sera ma réparation !… Dites, dites que vous me croyez !… (Charlotte reste immobile, les yeux baissés.) Non ?… Eh bien, me croirez-vous, lorsque je vous aurai remis les seules choses en ma possession qui puissent vous compromettre : ces papiers qui accompagnaient la lettre chargée, cette photographie de vous, avec