Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/316

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Je ne suis pas cet aventurier-là !… C’est bien assez d’être celui que je suis ?… J’ai été capable de bien des bassesses, j’ai pu me dégrader, mais je ne suis pas un méchant homme ! Seulement, je voulais vous voir à tout prix. Oui, il faut que je vous parle, au moins quelques instants. Pour vous, il le faut, je vous assure, pour votre sécurité personnelle… Vous allez voir… Or, malgré mes lettres, mes supplications, vous vous y êtes refusée obstinément. Vous n’avez pas voulu d’une rencontre indispensable, j’ai employé ce moyen… ah ! peu brillant, je le reconnais, mais on fait ce qu’on peut. Je savais bien qu’une fois entré, je trouverais le moyen de vous parler, ne fût-ce qu’un instant !… En tout cas, je voulais vous donner certaines explications de ma conduite… Et puis, surtout, des choses à vous remettre… J’ai forcé un peu brusquement la porte…


CHARLOTTE.

Bonne âme !… Brusquement est exquis !… sans vous douter, n’est-ce pas ? naturellement, de ce que votre irruption allait soulever ici… de l’effet produit sur moi…


ARTANEZZO.

Je n’avais pas le choix des moyens.


CHARLOTTE.

Ah ! vous voyez bien ! Ne parlez pas de méprise ! Tout est calculé chez vous.


ARTANEZZO.

Pas à ce point… Que voulez-vous, je n’avais