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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/30

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DUMAS.

Ohé ! ohé ! Guétin !


SELLIER, (appelant.)

Hé, là-bas !… Il n’entend pas !


LAFARGUE.

Eh ! Taïaut ! Taïaut !

(Il fait des signes.)

GUÉTIN.

Tiens, bonjour.


SELLIER.

Dis donc, t’arrives de la salle ?


GUÉTIN.

Oui, ça monte, ça monte, les bulletins !… On se pousse… c’est effrayant… Et la tête des scrutateurs !… Le père Tony et le père Lefebvre !… Ils sont d’un digne !… Mais, crédieu ! quelle chaleur, dans cette turne !


SELLIER.

Tu ne prends pas une grenadine ?


GUÉTIN, (s’asseyant à leur table.)

Non, merci, j’ai commandé un bock. C’est immoral, cette petite cérémonie de la médaille, on voit toute la dégoûtation humaine.


SELLIER.

Oh ! moi, je trouve ça très passionnant, au contraire… C’est un peu les courses… le jeu… il y a le halètement des désirs, des appétits, l’attente, la déception… Il y a les visages extraordinaires, crispés, verts, de ceux qui espèrent… les aigris, les Roger-Bontemps… Et puis cette course vers