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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/290

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de quelque chose… Au moins à l’intérieur… (Elle lui tape sur l’épaule.) Vé !… vé !… vous êtes une faible, voyez-vous !… Votre famille était d’Aigues-Mortes, c’est tout dire… Vous êtes du Midi des roseaux… Chez nous, mon fils et moi, on est de celui des pierres… Quand ma mère à moi s’était blessée, il était impossible d’en rien voir. Si la douleur lui faisait échapper un plateau des mains, elle disait : « Ce n’est rien, j’ai buté. »


CHARLOTTE.

On verra un jour si je ne suis pas courageuse !… Bientôt, ma mère, moi aussi je dirai : « Ce n’est rien, j’ai buté. »


MADAME FÉRIOUL MÈRE.

Allons, Charlotte, mettez votre chapeau et venez voir avec moi le travail à la Combe-Bleue. Nous allons descendre et vous vous amuserez, vous-même, à couper les jonquilles comme, il y a quelques années, vous aimiez à le faire…

(À ce moment rentre Férioul.)

FÉRIOUL.

Au fond, elle ne sait rien. Elle a entendu un paysan lui crier ça en passant sur la route. C’est peut-être une galéjade, tout simplement.


MADAME FÉRIOUL MÈRE.

Venez-vous ?


CHARLOTTE.

Non, ma mère, excusez-moi. Pas maintenant.