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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/280

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MADEMOISELLE BLANQUETTE.

Il s’en va tout seul au collège de Grasse ?


FÉRIOUL.

En dix minutes, à pattes… comme un homme. (Pendant ce temps Madame Férioul mère s’est approchée du perron ; avec une voix rugueuse, elle profère quelques exclamations en patois du pays). « Eh ! aquelo perdrigal empoisonado ! etc… » (Férioul riant.) Allons, bon ! Voilà maman qui jure en patois !… C’est plus fort qu’elle !… Quand elle est en colère, elle engueule les cueilleuses qui passent toujours devant la maison.


PARIZOT.

Qu’est-ce que vous récoltez, en ce moment ?


FÉRIOUL.

Les genêts d’Espagne, les narcisses… Nous faisons l’enfleurage à froid…


PARIZOT.

Ah ! ce petit paradis de chemin creux ! des violettes dans les pierres, des lauriers, les pentes de citronniers, les bouquets d’orangers, vos bastides avec tous vos pigeons blancs ! Ça pousse partout, les fleurs ! Pas étonnant que vous soyez seul encore à fabriquer des parfums naturels.


FÉRIOUL, (montrant la vallée.)

Oui… c’est ici la dernière vallée des fleurs. Déjà toute la ville est envahie par l’affreuse chimie d’Allemagne.