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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/262

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ARTANEZZO.

À tout à l’heure.


CHARLOTTE.

Non.


ARTANEZZO.

Pourquoi non ? Oh ! ça, par exemple ! J’ai à te parler ce soir même. Je te désire ce soir. Oui, oui… j’ai besoin de toi seule… dans mes bras…


CHARLOTTE.

Non, non et non !… j’ai mille raisons d’être un peu moins imprudente. Je ne te l’ai pas dit, tout à l’heure, mais un petit imbécile, un goujat, s’est permis, pour faire le malin, de m’éclairer sur l’inconséquence de mes actes. Enfin, il avait raison. Je ne peux pas venir cette nuit. D’ailleurs, demain, on ne se verra pas non plus.


ARTANEZZO.

Comment ?


CHARLOTTE.

Non, nous ferons une excursion, mon mari et moi, à la vallée du Lys. Il le faut. Ce sont deux jours au moins où l’on ne se verra pas du tout. Deux jours, peut-être trois.


ARTANEZZO.

Deux jours ! Ah ! mais non, par exemple. Ah ! J’ai une déveine en ce moment ! Une malechance ! Tout rate ! Oui, rien ne me réussit, on dirait qu’il y a un mauvais sort attaché à tout ce