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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/259

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ARTANEZZO.

L’Amérique, l’Italie, surtout… vu un peu de tout, et de beaux pays, les rues de Catane, Naples, les Ostérias du Basso-Porto, la crapule de Portici…


CHARLOTTE.

Ce que tu as dû vivre, toi…


ARTANEZZO.

J’ai fait pas mal de bêtises, et je m’en repens.


CHARLOTTE.

On ne dirait pas, à te voir, que tu parles si bien le français.


ARTANEZZO.

Mais je te dis que je suis Français, par ma mère.


CHARLOTTE.

À l’hôtel, on te prenait pour un Argentin. On disait : « Avez-vous vu l’Argentin ? Il est rudement beau ! » C’est drôle, je ne te trouvais rien d’extraordinaire… Je me disais : « Qu’est-ce qu’ils ont donc tous à le trouver si beau ? »


ARTANEZZO.

Oh ! mais, tu commences à être moins aimable… dis donc. Alors, pourquoi t’es-tu laissé faire de l’œil, au théâtre ?


CHARLOTTE.

Charles ! Charles ! ne parle pas comme ça, tu me désoles.


ARTANEZZO.

Il n’y a pas d’autre expression.