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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/255

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sourire sucré. Et dire que moi, je ne connais rien de cet homme-là ! Qui es-tu, en somme ? C’est effrayant ! Tu me demandes de te tutoyer, quand j’ai encore l’envie de t’appeler monsieur ! comme la semaine dernière. C’est d’une imprudence folle, folle, de ma part, de m’être donnée à un inconnu presque dans un coup de tête, avec toute mon âme. Et folle bien plus encore de te le dire !


ARTANEZZO.

Mais, il me semble que tu as assez de renseignements sur moi ! Je ne suis pourtant pas le premier venu. À t’entendre !… Quand on a un père consul de Roumanie, une sœur à la cour… Je te montrerai toutes mes lettres, tous les papiers que j’ai dans ma chambre.


CHARLOTTE, (riant.)

Dieu, que tu es enfant… C’est amusant comme tout, ce que tu dis là !


ARTANEZZO.

Mais, tu as l’air de me prendre pour un individu quelconque ! Les Artanezzo sont très cotés à la cour et je suis Français par ma mère. Notre famille est tout ce qu’il y a de plus connue… Malheureusement, elle a subi des cataclysmes d’argent qui l’ont un peu dépréciée, voilà tout. À Paris, je suis très répandu ; j’ai des amis dans la plus haute société… Je ne m’en vante pas, je te le dis… Tiens… la princesse de Belloque, les Barriatelli, qui sont à l’hôtel Palace en ce moment.