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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/229

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GRÜZ.

Et, en fait de fleurs, monsieur Férioul, en avons-nous assez avalé toute la journée ? bon Dieu ! Sentez-vous comme l’air est encore saturé de tous ces parfums de fleurs pourries. On mange de la poussière parfumée et on ne marche que sur des cadavres de bouquets. C’est dégoûtant, c’est mou sous le pied comme si l’on écrasait des limaces… Vous qui êtes orfèvre, qu’est-ce que c’est que ça ? (Il ramasse un bouquet.) Des tubéreuses ?


FÉRIOUL.

Oh ! non ! Pas à cette époque de l’année. Tout cela ce sont des expéditions assez vulgaires, qui viennent, pour la plupart, d’Espagne ; je reconnais la flore des petits jardins espagnols… Ce n’est pas autrement étonnant, il y a tellement d’étrangers. On compte trente-cinq ou quarante Espagnols, Américains du Sud, dans mon hôtel, et des Grecs plus ou moins convertis… Rastas sur rastas…

(On entend le bruit d’une fusée qui tombe.)

JEANNETIER.

Bon, on reçoit des fusées sur la tête, maintenant ! Oh ! mais c’est dangereux de rester loin du casino, dites donc.


FÉRIOUL.

Où est-elle tombée ?


JEANNETIER.

À deux pas, derrière nous, dans l’arbre. Un peu plus !…