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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/227

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JEANNETIER.

Aussi, en janvier, quand on t’aura fichu sénateur, mon vieux, je suppose que ce sera une excellente occasion de plaquer là nos concitoyens !… Ce sera comme un curé qui deviendrait évêque… Tu ne confesseras plus.


FÉRIOUL.

Oh ! sénateur ! sénateur !… Tu en as de bonnes… Savoir si je me présenterai ; tout cela dépendra du préfet avec lequel je suis évidemment en bons termes. Mais…


GRÜZ.

Dédaigneriez-vous les honneurs, par-dessus le marché !


FÉRIOUL.

Non pas ; je prends mes fonctions très, très au sérieux. Mais, pour un cultivateur comme moi, habitué à son trou de province, il y aura quelque ennui à déroger à de si vieilles habitudes. Ce n’est pas pour me vanter, mais si vous voyiez la jolie propriété qu’est la mienne, avec ses allées de narcisses, ses champs de roses…


GRÜZ.

Que vous massacrez du reste sans pitié pour en faire ces affreux parfums qui empoisonnent les salons et les tables d’hôtels des quatre coins du monde… Il y a une dame qui pue dans ma pension de famille ! C’est une infection !… Je suis allé une fois à Grasse… On y renifle la petite boutique de coiffeur, l’angélique et le vieux couvent…