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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/210

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ROUCHARD, (lui prend les mains.)

Eh oui, va, vieille gosse ! Tu vas passer ta convalescence dans ton appartement de garçon, le même, avec la cloche rouillée d’entrée, et le balcon aux capucines. Ce ne sera pas, peut-être, gai, gai, pour toi… mais, bah ! le feu reprend mieux aux endroits où il y a de la cendre… Et puis, la fille guérie, elle ira où elle voudra… et si elle veut rester, la place est grande !


LOLETTE, (fébrile, agitée, se soulevant, comme épouvantée d’elle-même.)

Oui… oui… C’est ça… Tout de suite… à la minute… emporte-moi.


ROUCHARD.

Tout de suite, en effet… Ces décisions-là, il faut les prendre tout de suite, ou bien elles ratent complètement ! Je t’enlève. Allez ! hop ! Tu es parfaitement en état… J’ai prévu tout, ces jours-ci… Le médecin-directeur, qui est un brave garçon, m’a dit que tu étais libre d’agir comme tu veux et de partir à la seconde même où tu le désires, et comme tu veux.


LOLETTE.

Vite… appelle la garde… Sonne !


ROUCHARD.

J’ai une voiture qui stationne à la sortie du jardin, à droite… Bernier, lui, reviendra par la porte de la rue naturellement… (Il montre la porte.) As-tu un manteau ? Tes affaires, nous les ferons prendre après… (Entre l’infirmière.) Tu donneras les