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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/184

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SUZON.

Sans danger ?


L’INFIRMIÈRE.

Si des complications ne surviennent pas, et avec une vie calme, sédentaire… évidemment. Je crois avoir entendu dire qu’elle avait déjà les bronches un peu délicates ?


SUZON.

N’est-ce pas ?


L’INFIRMIÈRE.

Mais, madame votre sœur peut être considérée comme hors d’affaire. Les médecins jugent l’extraction inutile. Il y a quinze jours, quand Monsieur Bernier l’a fait apporter ici, je n’aurais pas donné cher de son existence !… mais l’hémorragie a été sans durée.


SUZON.

Et quelle chance encore que la balle ait glissé, qu’elle ait eu peur ! Car vous savez comment ça s’est passé ?… Elle s’était placée devant l’armoire à glace, le torse nu… Elle a appuyé le canon avec les deux mains… mais au moment de presser la gâchette, elle a eu peur, la pauvre… elle a fermé les deux yeux… aussi le coup est parti à droite. (À l’infirmière.) Elle n’a pas remué ?


L’INFIRMIÈRE.

Non.


SUZON.

C’est ennuyeux… j’avais quelque chose d’important à lui dire, mais tant pis, ne la réveillez pas ; j’attendrai. On nous a dit à tous de venir de deux à trois pour lui rendre visite, et comme je