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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/172

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BERNIER.

Ah ! tout ce que peut l’amour, je te le donne.


LA PRINCESSE, (le regardant bien au fond des yeux.)

La plus belle chose que puisse donner l’amour, c’est la cruauté !…


BERNIER.

Tais-toi, c’est affreux ! Eh bien… tu l’auras !… C’est juré !…


LA PRINCESSE.

Souviens-t’en… Je ne l’oublierai pas, je t’en avertis. Si tu te reprends, c’est moi qui te quitterai. J’en prends l’engagement ! Il le faut !…


BERNIER.

Quitte-moi si je me démens !… Nous pouvons être heureux. Oh ! qu’il n’y ait plus que toi et moi, moi et toi. Nous pouvons tellement…

(On voit la porte du fond s’ouvrir lentement, très précautionneusement. Ils regardent, effarés. Lolette pénètre, referme vivement la porte derrière elle.)


Scène VII


Les Mêmes, LOLETTE


LOLETTE, (à la princesse qui fait un mouvement vers la porte de gauche.)

Ne vous en allez pas… je vous le défends. Si vous bougez, je crie, j’appelle… Je suis décidée à ameuter la rue entière.


BERNIER, (courant vivement à elle.)

Pas ici ! Pas de scène… Voyons !… sortons.