Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/162

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


envoyé une toile délicieuse !… Je ne sais pas si ce n’est point votre meilleure chose…


BERNIER.

Vous êtes trop aimable, prince… Une pauvre étude…


LE PRINCE.

D’une notation et d’un goût exquis. Vous devez être très content de votre succès… Préparez-vous une toile pour le Salon, en dehors du portrait de la princesse ?


BERNIER.

J’agrandis une esquisse que j’ai rapportée d’Italie !… Oh ! un croquaillon…


LE PRINCE.

Allons, nous verrons ça, en mai, j’en suis sûr… Au revoir, monsieur, et encore tous mes compliments… Chère amie…(Il s’incline. Au moment de sortir, à Rivet bas.) Rivet, j’oubliais… la bouteille… sur la table… (Discrètement, Rivet prend le flacon d’éther sur la table, et Bernier, déférent, tient la porte ouverte au prince. Le prince a un geste pâle et charmant). Ne vous dérangez pas, cher monsieur… je vous en prie…

(Il sort, le plaid sur le bras, accompagné de Rivet.)


Scène VI


LA PRINCESSE, BERNIER


LA PRINCESSE.

Ta femme sort d’ici à ce qu’il paraît.


BERNIER.

Elle a osé ?… Tu l’as vue ?…