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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/146

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dans mes manières… Donc, monsieur, excusez ma netteté… Vous savez où en sont les choses, n’est-ce pas ?… Disons le mot : on veut se débarrasser de nous… nous débarquer. Eh bien, je suis venue vous dire : nous n’allons pas nous laisser faire. Ils ne nous rouleront pas avec cette facilité !… Nos intérêts sont communs… Voulez-vous que nous nous alliions… pour organiser notre défense ?…


LE PRINCE.

Madame, je ne saisis guère l’à-propos de vos paroles, ni la vivacité de votre attaque…


LOLETTE.

Allons donc, monsieur !… L’heure n’est plus aux attitudes ni aux tergiversations… Je ne mets pas de gants ; vous savez très bien à quoi vous en tenir sur notre situation… la vôtre, la mienne… Nous ne sommes pas brillants ! Votre femme veut le divorce, et mon mari le désire… il y a une nuance… Eh bien, je suis, de mon côté, décidée à tout, vous entendez bien, à tout, pour les en empêcher… On ne peut tout de même pas prononcer le divorce contre moi, n’est-ce pas ? Et il n’y a pas de force au monde qui puisse m’arracher mon consentement ? Alors ?… Si nous réunissons nos intérêts, notre tactique… que pourront-ils ?… Ce que sera ma vie, à moi, c’est autre chose, je verrai après ! Ce ne sera pas beau, certainement… Mais nous les laisserions, non seulement se mettre ensemble, mais se remarier sous notre nez ? ah ! par exemple, on va voir !… Je suis résolue à me défendre, à défendre ma vie, monsieur, avec la dernière des énergies… L’heure n’est plus aux jéré-