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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 5, 1922.djvu/136

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LA PRINCESSE.

Il serre la main à Rolsini… il arrive. (Bas à Bernier, qui lui tend le manteau.) Mets.

(Bernier lui met lentement le manteau.)

BERNIER.

Alors, à demain… pour la séance !


LA PRINCESSE.

Non, pour s’aimer. C’est mieux.

(Ils sont poussés vers la gauche, tout près de la porte, par où viennent de sortir Lolette et la danseuse.)

BERNIER, (lui présentant les manches.)

Je voudrais t’embrasser.

(Lolette ressort de l’antichamhre, elle se trouve derrière eux tout naturellement.)

LA PRINCESSE, (bas.)

Respire-moi seulement… Est-ce que je t’emporte bien, ce soir.


BERNIER.

Tout entier. Tu ne le sens pas ?

(Lolette est là. Elle vient d’entendre ce bout de phrase. Elle est presque contre eux, blême, raide. Elle arrache brusquement le manteau de la princesse que Bernier achevait de lui mettre sur les épaules et le jette à terre avec une violence inouïe.)

LOLETTE.

Vous !… vous !… Par exemple !… (Elle a le poing menaçant. À ce moment le prince arrive de l’atelier. Elle l’aperçoit et elle lui crie, le doigt tendu.) Votre femme… votre femme est une…

(Les mots s’arrêtent dans sa gorge, les bras frémissent, elle pousse un long cri de catastrophe et tombe comme une masse, à la renverse, en proie à la crise nerveuse.)